L’unité Spécifique Alzheimer (U.S.A.)

Pour encadrer de façon privilégiée les personnes désorientées, une ou plusieurs unités spécialisées pour personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou apparentée, dites U.S.A., sont intégrées à certaines Résidences.

L’environnement de l’U.S.A. :

Ces unités sont totalement autonomes et consacrées aux personnes présentant des troubles cognitifs (désorientation, troubles de mémoire) et / ou du comportement (déambulation, agitation...). Toutes les unités sont de petite taille (12 à 16 personnes) et tous les accès sont sécurisés (digicodes, fenêtres oscillo-battantes, clôtures…) ; ainsi le respect de la liberté d'aller et venir pourra être maintenu autant que possible dans ce contexte d'espace sécurisé et fermé.
Cet environnement architectural adapté a pour but de diminuer la perte d’autonomie fonctionnelle et d’améliorer la qualité de vie des Résidents qui y sont accueillis.

Pour ce faire, chaque U.S.A. dispose :

  • De lieux de vie individuels :
    Chambres avec douche et WC privatifs, permettant une appropriation et une personnalisation des lieux, respectant l’intimité et favorisant le maintien de l’autonomie
  • D’espaces de vie commune personnalisés dédiés :
    Salle à manger, salon, atelier – cuisine thérapeutique, jardin clos privatif aménagé et / ou terrasse privative aménagée
  • D’un poste de soins
  • De locaux techniques

Les espaces de vie individuelle et collective sont agencés, meublés et décorés dans un esprit hôtelier, rappelant le domicile, afin de ne pas donner un effet aseptisé à l’institution. Cet aménagement des lieux de vie de l’U.S.A. permet une amélioration du bien-être émotionnel et intellectuel du Résident, ainsi qu’une augmentation de ses interactions sociales et une réduction de son agitation.
Des espaces de déambulation matérialisés, des éléments de décoration et de signalétique spécifiques favorisent l’orientation, la stimulation et l’autonomie du Résident.

Le projet de vie de l’U.S.A. :

Un projet de vie spécifique (projet de soin et projet d'accompagnement personnalisés) est élaboré, en fonction des habitudes et des rythmes de vie du Résident, par l’équipe pluridisciplinaire (infirmière, aides-soignants, médecin coordinateur, psychologue, ergothérapeute, aides médico-psychologiques, auxiliaires de vie, agents de service hôtelier, cuisinier), avec la participation des intervenants externes (filière gériatrique, réseaux de soins, médecin traitant, médecins spécialistes, orthophonistes…) et de l’entourage du Résident (famille, proches, aidants…).

L’entourage ne doit pas, au prétexte de l’entrée en institution du Résident, être destitué ou se désinvestir de son rôle d’aidant. C’est pourquoi, nous estimons, si l’entourage en manifeste le désir et l’envie, que l’implication effective et l’adhésion des proches au projet d'accompagnement du Résident est souhaitable. A contrario, aucun aidant ne doit se sentir obligé de s’investir. Une clarification sur le rôle et le positionnement de chacun (équipe et entourage) permet de replacer les aidants dans ce rôle qui reste le leur, plus spécifiquement dans les domaines du relationnel et de l’affectif.
L’équipe est également présente auprès de la famille et des proches du Résident pour les informer, les rassurer et les soutenir tout au long du séjour du résident dans l’unité, au travers d’entretiens individuels, de groupes de paroles, de conseils...

Lors de l’élaboration du projet d'accompagnement personnalisé, qui est discuté et évalué dans le cadre éthique par l’équipe pluridisciplinaire, un plan d’actions individuel pour chaque Résident est déterminé et mis en place.
Les actions majeures consistent à :

  • Identifier sa pathologie principale et ses affections secondaires afin de considérer l’ensemble de ses défaillances tant physiques que psychologiques pour leur apporter une réponse adéquate
  • Juger du bénéfice / risque à mettre en place un traitement médicamenteux spécifique
  • Définir quels sont les symptômes psycho-comportementaux présents chez le Résident afin d’y pallier ou de prévenir ses réactions, par la mise en place de solutions thérapeutiques et environnementales adaptées
  • Mettre en place un plan d’aide pour stimuler l’utilisation de ses aptitudes restantes par des occupations de la vie quotidienne comme à la maison (mettre le couvert, participer à la cuisine, ranger la vaisselle, jardiner, aller au marché…), des activités occupationnelles (jeux de société, films, spectacles, sorties…) et la participation à des ateliers thérapeutiques (cognitifs, temporels, sensoriels, psychomoteurs…) adaptés à son propre cas
  • Surveiller son alimentation et son poids afin d’empêcher sa dénutrition.

Ces animations thérapeutiques et occupationnelles, organisées en fonction du projet d'accompagnement personnalisé, contribuent à diminuer les troubles du comportement et du sommeil du Résident. Ces stimulations cognitives et sociales diminuent son anxiété, son agitation ou à l’inverse son apathie favorisant un sentiment de bien-être et de sérénité propices à une bonne qualité de vie.

De plus, la maladie d’Alzheimer est une pathologie d’évolution progressive et fluctuante. Les besoins du Résident sont donc variables dans le temps. En conséquence, le projet d'accompagnement de chaque Résident est réactualisé autant de fois que nécessaire afin de correspondre à ses besoins.

Les professionnels de l’U.S.A. – tous volontaires - sont qualifiés, régulièrement formés et soutenus par leur direction. Ils accompagnent individuellement chaque Résident dans sa vie quotidienne en fonction de son projet propre en tenant compte de sa différence et de son libre arbitre. L’accent est mis sur le respect de sa dignité physique et morale, de sa souffrance et de son confort.